SAINT-CHAMAS

Le cadeau de Noël empoisonné de la société Recyclage Concept

 

Dimanche 26 décembre 2021, un gigantesque incendie s'est déclenché dans un entrepôt de déchets appartenant à la société Recyclage Concept à Saint-Chamas(13).

Un nuage toxique a obscurci le ciel, polluant l'atmosphère de toute la région, jusqu'à Fos-sur-Mer.

La société Recyclage Concept, propriétaire des déchets, était, depuis le 14 décembre 2021, sous le coup d'une mise en demeure du préfet de région. Elle devait notamment réduire le volume des déchets entreposés et installer tous les moyens de lutte contre les incendies... 

8 mars 2022.

Communiqué du Collectif Cistude.

 

Nous demandons la sécurisation immédiate du site, la mise en oeuvre rapide d’un diagnostic de la pollution de l’eau et des sols et d’une Etude Quantitative des Risques Sanitaires (EQRS).

 

Nous avons subi l’incendie de l’entrepôt de déchets de Saint-Chamas pendant 48 jours. Aujourd’hui, les lenteurs administratives persistent. L’évacuation des déchets est au point mort. En outre, les résultats des analyses de la pollution des sols et de l’eau ne seront pas rendus publics avant plusieurs mois. Tant que la nature des polluants ne sera pas connue, aucun suivi sanitaire s’appuyant sur des bases rationnelles ne pourra être mis en œuvre. Pourquoi une telle inertie ?

 

Nous avons rencontré Monsieur le maire de Saint Chamas, vendredi 4 mars.

Voici le compte-rendu de cet entretien.

 

1. Evacuation des déchets encore présents sur le site

 

- Les informations dont dispose le maire de Saint-Chamas.

Les deux tas de déchets encore présents sur le site seront analysés par un laboratoire mandaté par l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME). Si ces déchets sont classés dangereux, les services de l’État auront l’obligation de prendre en charge leur évacuation. S’ils sont considérés comme non dangereux, des négociations entre la métropole et l’État seront engagées pour savoir qui paie. Dans ce dernier cas, cela risque de durer…

 

- La position du Collectif Cistude.

Face aux lenteurs administratives, nous avons insisté sur la nécessité de sécuriser le site, notamment en ce qui concerne les intrusions, la dissémination des déchets par le vent et la pollution des eaux par lessivage en cas de pluie.

Le maire s’est déclaré favorable à la sécurisation du site.

Nous avons aussi demandé que soient rendus publics les résultats des analyses des eaux récupérées dans le bac de rétention. Ces éléments sont détenus par la Métropole.

 

2. Les analyses de la pollution des sols et de l’eau.

 

- Les informations dont dispose le maire de Saint-Chamas.

Des analyses de la pollution des sols et de l’eau sont en cours (laboratoire Ineris mandaté par l’ADEME). Des prélèvements de légumes ont été aussi réalisés dans des jardins potagers. Selon l’ADEME, les résultats ne seront pas communiqués avant le mois de juin.

 

- La position du Collectif Cistude

Ce délai de trois mois entre les prélèvements et la communication des résultats est beaucoup trop élevé.

Nous avons demandé au maire le financement d’une campagne d’analyses par la commune. Le maire n’y est pas favorable dans la mesure où les délais imposés par la réglementation des marchés publics ne permettraient pas d’avoir les résultats avant ceux du laboratoire Inéris.

Dans ces conditions, au nom du principe de précaution, nous avons demandé au maire de prévenir la population des risques potentiels encourus, par exemple en ce qui concerne les forages ou la consommation de légumes. Le maire s’est engagé à donner suite à notre requète.

D’autre part, l’ouverture de la pêche est prévue le 12 mars. Nous avons demandé au maire de s’assurer que l’activité pêche puisse se dérouler sans risque sanitaire, notamment en saisissant par écrit le service GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) de cette problématique.

12 février 2022.

Communiqué du Collectif Cistude

Nous demandons la transparence sur la concentration et la nature des polluants.

L’incendie de l’entrepôt de déchets industriels de Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône) a duré 48 jours, du 26 décembre 2021 au 11 février 2022.
Aucune évaluation de la pollution atmosphérique n’a été réalisée du 26 décembre 2021 au 30 décembre 2021, alors que le feu faisait rage.
Depuis le 30 décembre, le seuil d’alerte de la concentration journalière en particules fines PM10 a été dépassé à 12 reprises (seuil à partir duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou de dégradation de l’environnement justifiant des mesures d’urgence. Source : Ministère de la transition écologique). Les pics horaires ont souvent atteint des sommets alarmants (près de 1000 microgrammes par m³, soit 12 fois le seuil d’alerte)..

Qu’avons nous respiré ? Quel est l’impact de la pollution sur l’air, l’eau, les sols ?
Dans ses communiqués du 31 janvier 2022 et du 11 février 2022, la préfecture fait état d’analyses des déchets et des polluants de l’air et des sols mais aucune donnée chiffrée n’est communiquée. Nous ne connaissons donc officiellement ni la nature des polluants constituants les particules fines, ni la nature des autres polluants atmosphériques, ni le niveau de pollution des sols et de l’eau.
Ces diverses données nous sont pourtant communicables de droit (articles L124-1 à L124-8 du Code de l’Environnement).
Selon nos informations, la métropole a transmis à la mairie de Saint-Chamas les résultats des analyses des déchets calcinés. Nous avons demandé à Monsieur le Maire de Saint-Chamas de nous communiquer l’intégralité des données chiffrées et les conclusions de ces analyses.
Nous avons aussi demandé à la  Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement Provence-Alpes-Côte-d'Azur (DREAL PACA), la communication des résultats d’analyses des composants des particules fines et des polluants des sols.

Qui sont les responsables ?
La responsabilité de l’exploitant ne fait aucun doute. Toutefois, des questions se posent.
Pourquoi les pouvoirs publics n’ont-ils pas agi en amont, alors que l’amoncellement des déchets industriels sur le site, au mépris de la législation, était flagrant et constaté par les services de la DREAL PACA ?
Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de donner aux pompiers les moyens d’éteindre l’incendie ? De quelles tergiversations administratives avons-nous été victimes ?

Quel suivi sanitaire sera mis en place par les pouvoirs publics ?
Nous demandons aux autorités de recenser les personnes potentiellement intoxiquées par les polluants et d’organiser un suivi médical de l’ensemble de la population sur le long terme.

Tant que les réponses à ces questions ne sous seront pas données, nous appelons à rester mobilisés et à continuer de signer la pétition.

10 février 2022.

La nature des polluants 

La pétition en ligne massivement signée, la réunion publique du 1er février 2022 et la manifestation dans les rues de Saint-Chamas du 5 février 2022 portent leur fruit. Les moyens pour maîtriser l'incendie ont enfin été fournis aux  pompiers. Il convient toutefois de rester vigilant tant que l'incendie n'est pas définitivement éteint.

D'autre part, nous demandons aux pouvoirs publics une analyse exhaustive des polluants par des laboratoires indépendants et compétents.

Manifestation Samedi 5 fevrier

Saint-Chamas, 10 h 30.

Rendez-vous Place du Champ de Mars

L’incendie, Ça suffit ! Stop à la pollution 

A Saint-Chamas, L’entrepôt de déchets brûle depuis plus d’un mois !

Nous demandons au préfet, représentant de l’État, de mettre en œuvre sans plus attendre les moyens nécessaires à la maîtrise de l’incendie et à l’analyse des polluants.

Nous appelons à manifester dans le calme et la détermination.

 

A l’appel de : Collectif Cistude, L’Étang Nouveau, Association de défense du littoral du golfe de Fos. Le maire de Saint-Chamas et le maire de Miramas s’associent à cette action.

 

A l’appel de : Collectif Cistude, L’Étang Nouveau, Association de défense du littoral du golfe de Fos.

Le maire de Saint-Chamas et le maire de Miramas s’associent à cette action.

28 janvier 2022.

L'incendie, ça suffit !

Réunion publique mardi 1er février

18h 30, à Saint-Chamas

Atelier 480 (entre le portail d’entrée de la Poudrerie et l’Ehpad)

à l’appel de : Collectif Cistude, L’Étang Nouveau, Association de Défense et de Protection du Littoral et du Golfe de Fos, Association de Défense de l’Environnement Rural, Groupe Clésud-FNE13.

 

Une nouvelle semaine noire

Cette semaine, le taux de particules fines (moyenne journalière) a de nouveau dépassé le seuil d’alerte (80 µg/m³) à plusieurs reprises (cf. graphique au verso)

Le 25 janvier à 22 h, un pic horaire de 561 µg/m³, soit sept fois le seuil d’alerte, a été enregistré.

Quand les pouvoirs publics mettront-ils un terme à cette catastrophe sanitaire ?

Selon le maire de Saint-Chamas, des carottages devraient débuter en début de semaine prochaine. Toutefois, les pouvoirs publics (préfet, métropole) ne prennent aucun engagement sur l’octroi de moyens supplémentaires sur le terrain pour les pompiers.

La préfecture n’est même pas capable de préciser l’étendue et la nature des substances toxiques que nous respirons !

Quels sont les risques que nous encourons ? Quelles sont les pathologies qui nous menacent ?

Notre santé et celle de nos enfants sont-elles quantités négligeables pour les décideurs ?

Mépris social

Qui peut croire que les pouvoirs publics sont impuissants devant cet incendie ?

Imagine-t-on une telle catastrophe à Neuilly ou dans le quartier huppé d’un centre-ville ?

L’incendie de Notre-Dame de Paris a été éteint en 16 heures. A Saint-Chamas, l’entrepôt de déchets brûle depuis plus d’un mois !

L’inertie de l’État et des pouvoirs publics face à l’agression polluante majeure dont nous sommes victimes relève du mépris social.

Mardi 1er février, venez nombreux échanger sur les actions à entreprendre en direction des pouvoirs publics et sur les suites juridiques qui seront données à ce dossier.

25 janvier 2022
Le feu n’est toujours pas éteint.

Le taux de particules fines (moyenne journalière) a de nouveau dépassé le seuil d’alerte le 23 janvier (96,4 µg/m³)  et le 25 janvier (161,2 µg/m³).
Toutefois, la mobilisation citoyenne, notamment grâce à la pétition, fait bouger les lignes.
Selon nos informations, le préfet aurait mis l’exploitant en demeure de mettre fin à la pollution et d’évacuer les déchets avant ce soir. En cas de carence de l’exploitant (elle est probable) le préfet procéderait alors à une réquisition afin de se substituer à l’exploitant.
Ces informations sont au conditionnel et, pour l’instant, la pollution persiste.
Nous appelons à maintenir la mobilisation tant que nous n’aurons pas obtenu d’une part la fin des nuisances, d’autre part, et c’est essentiel, une expertise des déchets avant leur évacuation.

Merci de continuer à signer et faire signer la pétition !

23 janvier 2022.

Suite au document que nous avons distribué ce matin  sur le marché de Saint-Chamas, beaucoup de citoyennes et de citoyens  nous ont sollicités pour interpeler le préfet des Bouches-du-Rhône par une pétition. 

C'est désormais chose faite. Merci de la signer en suivant ce lien :

 "Saint-Chamas. Stop à la pollution ! Nous demandons une expertise des polluants !"

Cette pétition lancée par le Collectif Cistude est soutenue par l'Association de Défense de l'Environnement Rural (ADER), l'Association de Défense et de Protection du Littoral  du Golfe de Fos (ADPLGF) et L'Étang Nouveau.

22 janvier 2022.

La pollution par les particules fines à Saint-Chamas

On parle d’épisode de pollution aux particules fines lorsque la concentration moyenne journalière de particules fines (PM10) dans l’atmosphère dépasse le seuil d’information/recommandation (50 µg/m3) ou le seuil d’alerte (80µg/m3).

Ces seuils ont été dépassés 11 fois depuis le 30 décembre.

Les pics horaires sont alarmants. Par exemple, le matin du 5 janvier, la concentration horaire en PM10 a atteint 1000 µg/m³ soit plus de 12 fois le seuil d'alerte (80 µg/m³).

Les taux de particules les plus fines (PM2,5 et PM1), qui sont les plus dangereuses pour la santé humaine, ne sont pas évalués.

Risques sanitaires corrélés aux particules fines.

Les particules fines sont classées depuis octobre 2013 comme agent cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (instance de l’Organisation mondiale de la santé). Elles provoquent à court et long termes des irritations et des problèmes respiratoires et cardiovasculaires chez les personnes sensibles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées, personnes atteintes de pathologies cardio-vasculaires ou respiratoires). Le dépôt et la persistance des particules dans l’appareil respiratoire dépendent de leur taille. Plus elles sont fines, plus elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire. ( Source : Ministère de la transition écologique).

Que faire en cas de pic de pollution ?

Il est recommandé aux personnes les plus vulnérables de limiter les activités physiques et sportives en plein air. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, consultez un médecin (Source : Ministère de la transition écologique)

Si vous consultez un médecin, demandez-lui de faire un signalement à l’Agence Régionale de Santé (l’anonymat du patient est respecté). Demandez-lui aussi de vous délivrer un certificat médical. Gardez la preuve de vos symptômes.

Toute nuisance (odeur de fumée ou symptômes) doit être signalée sur : https://www.signalair.eu/fr/

19 janvier 2022. Communiqué du collectif Cistude

Depuis le 26 décembre 2021, les habitants de Saint Chamas subissent une pollution atmosphérique majeure potentiellement génératrice de graves pathologies.

À ce jour, le feu n’est pas encore éteint et couve encore. La pollution persiste.

Les mesures concernant la pollution atmosphérique ont démarré le 30 décembre, soit 4 jours après le début de l'incendie. Elles ne portent que sur les émissions de particules fines. Elles ne sont pas rassurantes. En fonction des conditions météorologiques, un nuage de particules fines s’installe sur la ville. Cela durera tant que le feu ne sera pas définitivement éteint.

Hormis les particules fines, nul ne connaît la nature exacte des multiples polluants répandus dans l’atmosphère par cet incendie.

Les habitants de Saint-Chamas et des communes environnantes ont le droit de savoir à quels risques ils sont exposés depuis le 26 décembre.

Si l’exploitant se révèle incapable de fournir la liste exacte des déchets qui ont brûlé, il appartient au préfet, représentant de l’État, de faire analyser les restes carbonisés avant que ceux-ci ne soient évacués. Certains laboratoires sont parfaitement capables de déterminer, à partir de ce type d’étude, la nature des substances toxiques que nous respirons depuis le 26 décembre.

Le collectif Cistude, en synergie avec d’autres associations, demande à Monsieur le Préfet de mandater une telle expertise.

D’autre part, le préfet doit utiliser ses prérogatives pour faire cesser la pollution des sols, de l’air, de la nappe phréatique et pour contrôler la destruction des déchets.